Cinéma

Adieu les cons !

Jeudi, Albert Dupontel présentait en avant-première son dernier film, « Adieu les cons » qui sortira le 21 octobre. On vous en livre notre critique.

(Une critique ne reflète que l’avis de son auteur, on compte sur vous pour nous donner le votre 😉 )

Synopsis : Lorsque Suze Trappet apprend à 43 ans qu’elle est sérieusement malade, elle décide de partir à la recherche de l’enfant qu’elle a été forcée d’abandonner quand elle avait 15 ans.
Sa quête administrative va lui faire croiser JB, quinquagénaire en plein burn out, et M. Blin, archiviste aveugle d’un enthousiasme impressionnant. À eux trois, ils se lancent dans une quête aussi spectaculaire qu’improbable.

L’avis de Greg :

Il y a chez Dupontel, une sorte de magie de la réalisation et du montage, un envoûtement qui, au fur et à mesure que le temps et ses films passent, ravit les yeux comme le vieux vin ravit les papilles.
Il y a chez Dupontel, une sorte magie de la poésie, un grain dans l’image qui rappelle parfois Caro et Jeunet, mais qui ici vire de la lumineuse joyeuseté au sombre de la réalité.

Car Adieu les cons est ancré dans le réel malgré les invraisemblables situations, fiction romanesque oblige. Non, le réel, il faut le regarder plus loin, dans les à côté, les détails, les évocations. Les gens qui sortent leur portable pour filmer, toujours, voyeurs des drames qui se jouent. La brutalité de la police, que Dupontel se refuse à avouer avoir mis là sciemment, mais on le croit. Le contrôle que l’informatique peut avoir dans nos vies. La caricature d’une société administrative toujours plus lourde, toujours plus ubuesque.
Administratif ? Ubusesque ? Film ? Les cinéphiles se réjouiront alors de l’apparition de Terry Gilliam quelques secondes dans le film et en entendant un des personnages dire qu’il s’appelle Tuttle et un autre Kurtzman, y verront tout de suite l’hommage à Brazil, un des plus grands monuments du cinéma.

Adieu les cons ! 2
Albert Dupontel, présent, jeudi, a répondu aux questions des spectateurs, sur son dernier film.

Le monde dépeint par Dupontel, dans une grande fresque, qui débute, presque normalement, par la rencontre improbable, de Virginie Effira, qui va apprendre sa maladie, avec un docteur qui fera tout pour éviter le sujet, virera vite dans l’absurde et le sordide. Le tableau vire au noir, comme notre monde. Dupontel est juste, précis et sans concession. Adieu les cons est-il alors le film le plus acerbe et acide de tous ceux du réalisateur ?

Ses personnages sont remplis de phobies, vivant les jugements de notre société. Virginie Effira y campe sans doute un de ses meilleures rôles, même si je ne suis pas un spécialiste de la comédienne. Elle est sublime, féérique, aérienne, survolant le film de sa grâce jusqu’à la dernière image. Dupontel est un geek, trop vieux pour être promu, pétri de défauts et de timidité, qui est resté enfermé dans son bureau, comme dans la muraille qu’il a dressé pour éviter notre monde, profitant de ses connaissances informatiques pour vivre par procuration. Et que dire de Nicolas Marié, sublime aveugle, tentant de guider Suze dans un monde qu’il n’a vu que comme un village et qui s’est transformé en fleuve de béton. Le trio, parfait, nous arrache des larmes d’émotions et nous tord de rire des zygomatiques, trop au repos au cinéma, en ce moment.

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Virginie Effira et Albert Dupontel, deux personnages à conjuguer au plus que parfait. (Jérôme Prébois – ADCB Films)

Adieu les cons est un film à voir, pas un chef d’oeuvre de cinéma certes, mais, à l’heure où les comédies soit disant marrantes, imposées à force de marketting bien ordonnés et souvent trop convenues, des Ducobu à Camping, montre que l’humour au cinéma peut être fin et recherché. Que le rire peut trouver un allié dans le drame. Que quelques réalisateurs, trop rare, essayent de sauver le cinéma français. Adieu les cons a trouvé la recette. Un zest d’humanité et un autre de joie. Un soupçon d’humour, d’amour et de cruauté. De la peine, de l’espoir, de la critique. Une bande son avec en fond la Mano Negra, pour dépeindre Virginie Effira jeune, rockeuse alternative au dreads infinies. Mala Vida ?

Et pour conclure, et en ces temps où la liberté de la presse est piétinée, ce film aurait pu s’appeler A Dieu les cons que ça n’eut rien changé. Comprenne qui pourra…

Oui, On a adoré ! Merci Dupontel….
Ma note : 4.5/5

L’avis de Julie :

Quand un aveugle décalé, un dépressif surmené et une mourante désespérée se rencontrent, il se passe des choses…surprenantes. Ce film est l’histoire de 3 solitaires ravis de pouvoir faire équipe pour la bonne cause : partir à la recherche du fils de Suze, alias Virginie Efira.

Comme d’habitude, Albert Dupontel nous propose des personnages qui n’ont pas grand chose à perdre et qui dévoilent à la fois toute leur folie et leur humanité. Le réalisateur a un talent monstrueux pour nous faire rire dans des situations terribles, que c’est bon !

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Un aveugle décalé, une mourante désespérée et un dépressif surmené. Un trio parfait (Jérôme Prébois – ADCB Films)

Les plans de Virginie Efira sont magnifiques, on peut voir une palette d’émotions riches et subtiles. Dupontel nous offre aussi une vision de notre société à travers ses 3 personnages : un type doué avec son ordinateur peut diriger le monde, une femme qui a accouché sous x et se heurte à une administration sourde, ou un aveugle mis au placard au sous-sol pour une affaire de quota de personnes handicapées. 

J’ai adoré cette histoire de solitudes partagées, mêlant rires et larmes, ridicule et gravité. Dupontel observe la société, les gens, et nous recrache ce qu’il voit avec ses yeux à lui.

Magnifique !
Ma note : 4.5/5

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