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Le « no bra »… c’est culotté ?

Le confinement nous contraint à vivre reclus depuis quelques semaines, en famille, en couple, seul(e). Cette période peut être vécue comme un emprisonnement ou pour d’autres, sous certains pans, comme une libération. J’ai décidé de m’intéresser à quelque chose qui nous concerne tous, femmes ET hommes (et vous comprendrez pourquoi) et qui va bien plus loin que ce qu’il n’y parait : le port du soutien-gorge.
« Le No bra », popularisé par les réseaux sociaux soulève plusieurs questions bien plus lourdes et importantes que la taille de ce morceau de tissu…

Le no bra

Véritable symbole depuis des décennies, le soutien gorge fait parler de lui et alimente beaucoup de campagnes féministes. Après l’avoir brûlé en 1968, certaines femmes décident de s’en séparer…
Challenge sur les réseaux, mouvement repris par des stars via le « #nobrachallenge » cette pratique fait de plus en plus parler d’elle sur internet, et amorce un changement de consommation progressif. Bye bye push-up audacieux et rembourrage, bonjour les matières finies, sans armatures pour plus de confort…et de liberté. Liberté ? Oui, et dans tout les sens du terme ! Liberté de s’éloigner d’un textile qui blesse la peau, pique, marque, et liberté car ce mouvement interroge les femmes sur les raisons du port, sa réelle nécessité et la liberté dont elles disposent (ou non!) de s’en séparer, face à cette habitude ancrée depuis des générations. Le port du soutien gorge se transforme, les magasins de lingerie l’ont d’ailleurs bien compris et proposent désormais des gammes ultra légères, minimalistes. L’idée ? Redonner le contrôle du corps à leur détentrice : les femmes. Se réconcilier avec elle même et ce que la nature leur a donné. Balayer le dogme de la grosse poitrine voluptueuse, du ventre plat en s’imposant corsets et apparats inconfortables et douloureux. Rendre le sein à leur propriétaire en quelques sorte.
Aller vers de l’autosuffisance, une sorte de fonctionnement homéostatique. Le corps nous est livré à la naissance avec ce qu’il faut pour s’ériger : des muscles profonds érecteurs du rachis pour se tenir droit et garder le regard horizontal, des tissus de soutien (dits conjonctifs) pour porter et maintenir ce qui doit l’être. Et le sein en fait parti ! Aucune étude scientifique ne montre que le port du SG évite à long terme au sein de tomber, on peut même pertinemment se demander si au contraire, il ne rend pas paresseux les tissus acteurs du maintien. Je ne parle pas non plus des potentiels risques de stases lymphatiques dues aux armatures. Pas de réponses pour le moment du coté de la littérature scientifique, d’un coté ou de l’autre, juste des portes qui s’ouvrent et des questions qui se posent…et c’est déjà pas mal.

L’Homme a eu au cours des décennies, le plaisir d’équiper son corps et de le contraindre à des « aides externes » au nom du « progrès ». La chaussure en est un aussi un exemple. L’ Homme moderne a chaussé son pied contre des milliers d’années de marche nu pied. Les chaussures de course à pied maximaliste a grosse semelle « protectrice » interrogent de la même manière des professionnels de santé (Blaise Dubois, La Clinique du Coureur), convaincus de l’atrophie forcée du système naturel de soutien du pied (1).

Nous sommes aujourd’hui en mesure et dans le droit de se poser des questions. Cette réflexion ne touche pas que l’industrie du textile, mais tout notre mode de consommation. Le « c’était mieux avant » fait du chemin, et, la quête du simple, du fait maison, du circuit court, du « Do it yourself » fait surface et s’installe progressivement dans les mentalités, forçant même les grandes multinationales à revoir leur fonctionnement (l’apparition du vrac en Hypermarché par exemple, du circuit court…).

Mise en pratique peu simple

Une fois que l’envie de se « libérer le thorax » est là, il n’est pas si simple de franchir le cap ! Le No bra a des détracteurs, et les femmes entre elles ne se font pas du bien à se sujet. Marie, 35 ans de La Chapelle Saint Mesmin est le fruit de remarques régulières « C’est pas hygiénique ! » ou l’éternel « c’est provoquant pour les hommes, ça fait coureuse ! » sont des remarques que j’entends très souvent, et même par mes propres amies ».
« Les femmes se jugent, les hommes ricanent. S’émanciper d’un tissu, imposé par « on ne sait plus qui » et « on ne sait pas vraiment pourquoi » au final est – il une injure à la pudeur ? » se demande Céline, 44 ans.
L’idée n’est pas de polémiquer ici mais de se poser des questions, peut être pour certain(e)s, pour la première fois à ce sujet.

Le confinement a libéré des craintes, et c’est un premier pas pour certaines « C’est super confortable, je le fais sans hésiter à la maison depuis le confinement car il n’y a pas le regard des autres (…) j’essaierai de poursuivre après, mais en passant par des choses plus légères pour commencer. Étonnement, je ne me suis jamais sentie aussi moi-même » nous dit Céline.
Cette étude de l’ IFOP nous montre que les Françaises ont délaissé le soutien gorge depuis le confinement. Cependant, ils assimilent cette pratique à du « laisser aller » quand on lit l’article, on comprend alors que cette nouvelle pratique, accompagnant une société qui change, a encore du chemin à faire pour voir les mentalités changer !

Le "no bra"... c'est culotté ? 2


« Couvrez ce sein que je ne saurais voir : Par de pareils objets les âmes sont blessées, Et cela fait venir de coupables pensées »

Le tartuffe, Molière

Chaque femme a le droit de s’interroger sur ses propres habitudes, ses raisons, et il est important de respecter chaque choix, qu’il aille vers le pour ou le contre. Le No bra accompagne une société qui change, avec un retour au « simple », à l’émancipation de la femme dans une société encore patriarcale.
Le minimalisme et sa nouvelle forme de consommation qu’il remet en question attire de nombreuses personnes.
Vous en pensez quoi
?

(1) https://lacliniqueducoureur.com/coureurs/blogue/?SearchText=maximalisme


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Aurélie

Expatriée Orléanaise engagée dans la promotion du dynamisme culturel , sportif and co de cette chère ville ... Car quelques fois il suffit d'ouvrir un peu ses oreilles et ses yeux pour faire des infidélités agréables à son canapé :) - Accessoirement kiné débordée et débordante , addict -

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