Jazz or jazz : le festival se termine en beauté !

|

C’est toujours particulier, le dernier soir d’un festival. On fait le bilan. On classe les concerts. On fait des plans sur la prochaine édition en se disant que ça va faire drôlement bizarre de ne pas recroiser demain les habitués avec qui l’on vient de partager nos soirées de la semaine. 

C’était donc samedi soir. Le dernier de Jazz or Jazz 2019. Et cette édition a tenu les promesses de son nom. Des musiques de partout, de tout temps, pour nous montrer la vitalité de cette musique et démontrer par l’exemple que l’ouverture, quelle qu’elle soit, nourrit. Qu’entre les générations, les continents, les courants, quand ça circule, ça crée!

Et ce samedi soir en a été la preuve par 3 :

1ere preuve : Le premier concert de la soirée invitait le Big Band Umlaut sur scène. Cet orchestre joue sans sonorisation, à l’ancienne et fait un travail d’historien, relevant d’anciens morceaux enregistrés entre les années 20 et 60. Les trompettes éclatent, les saxs ronronnent, la section rythmique balance et ce voyage dans le temps nous propulse dans les clubs de la Nouvelle-Orléans à New York.
Les morceaux, joués chronologiquement illustrent parfaitement les évolutions de la musique, la batterie grosse caisse-cymbale du début s’est enrichie, le banjo a laissé sa place à la guitare. Les musiciens eux restent des musiciens, libres, inventifs. Et cette musique souriante est communicative.

Jazz or jazz : le festival se termine en beauté ! 1
photo : Thomas Dorn

2eme preuve : Salif Keita entre en scène, les morceaux passent et on sent une petite retenue chez le maître. C’est plaisant, mais la salle est calme. Alors il suffit d’un mot du chanteur invitant à se lever et ça s’emporte. La salle, debout, danse avec lui. Le chanteur s’efface, laissant ses musiciens prendre la parole d’un solo magistral de kora, d’une séquence de percu.
Et c’est au tour du public de s’inviter sur scène, l’appel de la danse est trop fort. De la musique, de la danse, et l’émotion à la vue d’une étreinte entre Keita, 70 ans, et une spectatrice de quelques années son ainée. Le chanteur semble vouloir ralentir le rythme de ses tournées pour se consacrer à son combat pour les albinos en Afrique, victimes de graves persécutions. L’énergie de ce moment nous aura convaincus de sa vitalité.

3eme preuve : On sort de la salle et le Umlaut Big Band est déjà en place pour le bal ! Un peu timide, le public laisse la piste vide mais il suffit qu’un couple s’en empare et c’est lancé. Les danseurs s’invitent. Le hall du théâtre prend des airs de Cotton Club. Entre ces pas de swing à 2, la voilà la musique qui se partage ! Les musiciens s’amusent, les danseurs rient et les spectateurs en redemandent.

Alors, c’est ça le jazz. Ce que Jazz or Jazz aura prouvé ces 5 soirs. La musique, ça se joue, ça s’écoute, ça se partage, ça s’amuse, ça sourit, ça pleure, ça voyage, ça traverse. Et surtout ça vit !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Item added to cart.
0 items - 0,00