
Le dernier film de Régis Wargnier, La Réparation, sort en salles ce mercredi 16 avril. Réalisateur du mythique Indochine, Oscar du Meilleur film étranger en 1993, Wargnier revient après près de dix ans d’absence derrière la caméra. À l’occasion d’une avant-première organisée à Orléans le 7 mars dernier, il était venu à la rencontre du public. Nous avons eu la chance de nous entretenir avec lui sur son travail, sa démarche, et sa vision du cinéma.


Un retour longuement mûri
Dix ans se sont écoulés depuis son précédent long-métrage. Une pause volontaire. « Je n’avais pas assez envie », confie-t-il simplement. Durant cette période, Régis Wargnier a écrit des romans, a continué de fréquenter les salles obscures, mais n’a pas ressenti le besoin immédiat de tourner. Jusqu’à ce que la disparition d’une personne de son entourage vienne tout bouleverser.
Ce deuil a constitué la genèse du projet. Ce qui l’a le plus marqué ? Les réactions très contrastées des proches : certains espèrent, d’autres tentent de vivre autrement, en l’absence totale de réponses. « Il n’y a pas d’indice, il n’y a rien. »
Une histoire entre mémoire et gastronomie
La Réparation met principalement en scène la fille d’un chef cuisinier, confrontée à la disparition de son père, liée à lui par un talent commun pour la cuisine.

Le récit s’articule entre la France et Taiwan, pays choisi pour sa richesse gastronomique. Régis Wargnier tenait à éviter le regard “touriste” souvent posé sur l’Asie. Il a donc travaillé avec une équipe taïwanaise, après plusieurs voyages de préparation. La cuisine locale, raffinée, y joue un rôle central, bien plus que simple décor.
Une attention portée à chaque détail
Régis Wargnier ne délègue pas : repérages des décors, choix des acteurs, sélection des lieux de tournage, tout passe par lui. Trois voyages à Taiwan ont été nécessaires pour façonner le film dans ses moindres détails, jusqu’à un monastère perdu en pleine forêt.

Côté casting, il retrouve Clovis Cornillac, « capable d’être présent même en étant absent à l’écran ». Le rôle féminin est porté par Julia de Nunez, révélée dans le biopic Bardot. « J’ai tout de suite vu qu’elle avait cette capacité à jouer des choses fortes », explique le cinéaste.
Un tournage exigeant mais maîtrisé
Le tournage s’est déroulé en deux temps : une dizaine de jours en Bretagne, puis une vingtaine à Taiwan. En France, les journées se faisaient à un rythme régulier : 8h par jour, 5 jours par semaine. À Taiwan, les conditions étaient plus intenses : 11 heures de tournage, 6 jours sur 7, avec des repas pris à la va-vite… souvent de la street food avalée en 15 minutes.

Pour conclure, nous sommes allés voir La Réparation en projection presse, sans avoir pris connaissance au préalable du synopsis, et nous avons été surpris et touchés par la qualité de l’histoire. Nous vous recommandons ce film !
Crédit photos : Stéphane Denis (et Allociné pour les photos issues du film)



