culture

Les numériques en pratique : un passage par la collégiale St Pierre le Puellier

La collégiale accueille l’événement « les numériques en pratique » depuis la mi-Mars. L’occasion pour nous d’y faire un passage, pour faire le point sur un événement qui se clôt dans une semaine.

Au sein d’un bâtiment né au 12ème siècle se sont donc invités des ateliers et des créations nées elles au temps de l’ère numérique. Des écrans plats se cachent dans les absides d’une ancienne église, désacralisée en 1958, qui a connu des guerres et une révolution. Celle de l’abstrait 2.0 en est une autre : avec talent et créativité, les artistes matérialisent ce qui nous fait sans être visible.

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Avec Scrolling CO2, Antoine Blouin a conçu une sculpture vivante et modulable, constituée de représentations d’atomes de Carbone. Les colonnes noires, grises et blanches devant nous montrent la fameuse empreinte présente dans toutes nos activités, notamment celles passées sur les écrans de smartphone. Dans ces aller-retours sur les fils d’actus des réseaux sociaux, de l’énergie qui disparaît, qu’on ne voit pas plus en passant le temps qu’en branchant nos chargeurs : pourtant, elle est bien présente ici, comme une évidence.

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Les machines vivent d’une énergie qu’on ne voit pas défiler, comme la vie qui s’immisce parmi elles. Au détour d’un pilier, on découvre dans un recoin un écran qui écrit des lignes de codes, incompréhensibles. Un programme les scanne, les envoie vers un modem qui les transforme en signal Fm, ainsi récupérés par un dernier appareil, posé sur un pan de mur. Les appareils dialoguent devant nous, sans s’arrêter, comme deux bosseurs attablés sur un bureau sans nous regarder. C’est à la fois prenant et perturbant, loin des discours des films dystopiques à la Blade Runner : non, les machines ne prennent pas le contrôle, ne dominent pas le Monde, mais elles travaillent tout le temps, dans nos poches, quand nous dormons.

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Plus féerique, l’atelier des toboggans, de Lucie Bretonneau invite le visiteur à scanner des images posées au sol reproduisant à l’écran une réalité virtuelle. Les données prennent forme(s) ici, surprennent et jouent elles aussi de ces échanges mis en scène dans l’exposition, aidant à les raccrocher à nos réalités. Dès l’entrée, un atelier laissé en place par des scolaires, exposent les recherches de groupes sur la « sculpture des données ». On sculpte du virtuel ? Oui, en récoltant toutes les données que nous générons au quotidien et en les dessinant, en les écrivant, en les grattant sur le papier. Les élèves ont dessiné des robots, rassemblés des chiffres sur de longs rouleaux, parcheminés : c’est à la fois beau et ludique, testant les limites de nos représentations.

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Les limites, celles de nos mondes virtuels et réels, sont testées elles aussi, dans un dernier workshop, un atelier que vous pouvez retrouver sur le site de l’Esad. Sur un mur sont exposés des paterns, ces représentations tirées d’un jeu vidéo incontournable : Sim City. Plus qu’un jeu, cet univers propose de dessiner la ville parfaite modelée sur la réalité urbaine des États-Unis. En moddant le jeu, c’est à dire en le poussant dans ses retranchements en touchant à son code, son mode d’emploi, son ADN, l’atelier questionne l’idée même de représentation. Fugitivement, je pense alors à ce joueur qui prenait en photo toutes les limites de ces mondes virtuels, dans tous les jeux qu’il a traversé. Mais ici ce n’est pas une fin : c’est le vrai début d’une prise de conscience ludique et positive, active, du rapport profond et intime que nous entretenons avec la virtualité.

La collégiale St Pierre n’est pas ouvert au public, mais elle consultable et remise à jour en ligne toutes les semaines sur esadorleans.fr

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Romaric Jouan

Ancien directeur de gougueule, je suis arrivé à Orléans en même temps qu'Iron Man lors de son passage lors des fêtes johanniques de 2000. J'en ai profité pour faire des études d'Histoire, trop longues sûrement, avant de présenter une émission de ciné, où Hulk est venu deux fois chroniquer, un mec globalement sympa entre ses crises d'angoisse. Dans le civil je suis passé de l'éducation nationale à un autre boulot... Lequel?

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