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Un collectif de jeunes orléanais appelle à un rassemblement en soutien au mouvement Black Lives Matter

Contre le racisme et les violences policières, un collectif appelle à un rassemblement pacifiste demain, 9 juin, à 17h, place du martroi.

« On en a ras le bol des violences policières !« . Les mots de Gabrielle, une des membres du collectif organisateur du rassemblement, demain, sont forts et posés à la fois. On sent la jeune fille déterminée et courroucé par ce qui se passe en France ou aux Etats Unis. « On a un vrai sentiment d’injustice, et de voir des gens en sang blessés et pour certains d’entre eux, comme Adama Traoré ( 1) se faire tuer par la police, nous révolte« . Et Gabrielle et son collectif ont le sentiment que la police n’est pas punie pour ça. Or, Si on regarde les chiffres donnés par le Ministère de l’Intérieur, l’IGPN (La police des polices) a ouvert 290 enquêtes en 2018 et dans la majorité des cas (195), il y a eu sanction pour « manquement déontologique ou professionnel ». Et l’IGPN a alors proposé 151 passages en conseil de discipline et 115 blâmes, et seuls 22 agents se sont vus notifiés des alternatives aux poursuites judiciaires car les faits étaient moins grave.

« Le ministère de l’Intérieur est bien plus sévère pour les manquements aux règles internes que pour les violences policières. Ces dernières représentent, au bout du compte, moins de 5 % des sanctions disciplinaires prononcées sur le territoire de la préfecture de police de Paris« , note, de son côté, le chercheur Cédric Moreau de Bellaing, dans Violences illégitimes et publicité de l’action policière (aux éditions Politix).

Un collectif de jeunes orléanais appelle à un rassemblement en soutien au mouvement Black Lives Matter 2
D’autres jeunes, qui ne sont pas du collectif de base, ont entamé des protestations
(photo : Mourad Guichard)

Le collectif orléanais, lui, désire avant tout faire ouvrir les yeux aux orléanais et compte sur leur soutien … Et leur discipline, car quand on évoque les débordements, la réponse se veut franche « Nous sommes pacifistes et nous appelons à l’action non violente. Mais nous savons que dans une foule, il y a toujours des gens pour s’engrainer. Nous ne le voulons pas« . Et pour prendre le moins de risque possible, ils sont donc soutenus par Solidaires et les JC orléanaises, plus expérimentés dans l’organisation de ce genre de rassemblement.
Alors demain, une minute de silence sera respectée à la mémoire des victimes de violences policières et les personnes rassemblées Place du Martroi seront invitées à mettre genou à terre durant 8’46, le temps du supplice vécu par Georges Floyd ( 2), et des artistes orléanais, comme Punxsher, prendront la parole ou chanteront pour exprimer leur soutien.

Les vies des Noirs comptent….

Rassemblement Black Lives Matter Orléans, demain, 17h, Place du Martroi (Une demande d’autorisation a été faite en préfecture mais cette dernière, à l’heure nous écrivions ces lignes, n’avait toujours pas répondu)

(1) Adama Traoré est mort, le 19 juillet 2016 à la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise), après son interpellation à Beaumont-sur-Oise. Sa mort prend une ampleur médiatique lorsque différentes plaintes sont déposées concernant un possible homicide involontaire, de supposées entraves à l’enquête et non-assistance à personne en danger. 
Plusieurs expertises ont lieu à l’initiative de l’autorité judiciaire et de la famille pour tenter de déterminer les causes du décès, et aboutissent à des conclusions diverses sur la responsabilité des gendarmes et de maladies cardio-respiratoires dont souffrait Adama Traoré. L’instruction judiciaire est clôturée une première fois fin 2018, sans retenir de responsabilité pour les gendarmes, puis rouverte en 2019. (retour au texte)

(2)George Floyd est interpellé par quatre policiers dans sa voiture, menotté et plaqué au sol sur le ventre. Derek Chauvin, l’immobilise dans cette position en exerçant une pression du genou sur son cou pendant près de neuf minutes, alors que Floyd déclare plusieurs fois « I can’t breathe » (je ne peux pas respirer). L’interpellation et l’agonie de Floyd sont filmées par des passants, qui signalent que la victime est mourante aux policiers qui les empêchent d’intervenir. Les images se propagent sur les réseaux sociaux, puis dans les médias, à l’international. Deux autopsies concluent à un homicide. Les policiers présents sont licenciés de la police le lendemain et deux enquêtes sont ouvertes, dont l’une par le FBI. Les circonstances entourant la mort de George Floyd conduisent à des manifestations et des émeutes contre le racisme et les violences policières dans l’agglomération de Minneapolis-Saint Paul, puis dans le reste du pays et dans le monde entier dans les jours suivants, et à de nombreuses réactions de protestations. . (retour au texte)

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