Visage d’Orléans: portrait de Chloé Daumal

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Il y a quelques temps, je me suis rendue au vernissage de Chloé Daumal, une jeune photographe qui exposait ses photos à Carmes Village. Ayant beaucoup aimé son travail, je décidais d’en savoir un peu plus sur elle.

Daumal Chloé

Chloé, peux-tu te présenter?

Salut Terriens! Je m’appelle Chloé Daumal, j’ai 20 ans, et je suis en seconde année à L’Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Bourges, après avoir fait un an à l’Ecole Supérieure d’Arts et de Design d’Orléans, un Bac L option arts plastiques et deux ans d’option cinéma (ouais, ça fait beaucoup de mots chiants).
Je vis à Bourges, dans un appartement qui ressemble à la chambre bien rangée d’un gosse de 4 ans, et en parallèle à Orléans chez mes parents. Je suis mélomane, accro aux dinosaures en plastique et complètement obsédée par les oiseaux. Je suis aussi bassiste et seconde voix dans le groupe de rock alternatif orléanais « No Sign, Nothing ». Je suis hyperactive et à contrario super timide.

Comment t’es venu le déclic pour la photographie?

Le déclic pour la photo ne m’est pas vraiment apparu comme une évidence, plutôt de façon progressive. Mon père nous a toujours pris en photo mon frère et moi étant enfants, on a donc des albums souvenirs blindés de clichés tous plus épiques les uns que les autres. C’est cette notion de souvenir que j’ai voulu conserver. J’avais peur d’oublier ce que je vivais. Entre 2001 et 2003 j’ai vécu à l’île de la Réunion, et c’est là que j’ai réalisé que, vraiment, la photo était quelque chose d’important pour moi. J’avais beau être une gamine je voulais toujours tout garder en mémoire.
Pour mes 14 ans j’ai eu mon premier compact numérique tout rikiki, et un compact argentique que mon grand père avait retrouvé dans son grenier. Un truc tout naze avec lequel je me suis vraiment éclatée. Vers mes 15-16 ans je me suis offert mon premier bridge en économisant comme une dingue et quand j’ai eu 17 ans, mon père m’a offert mon premier vrai boitier argentique. C’était celui qu’il s’était acheté pour son 17ème anniversaire. Avec 30 ans de clichés derrière elle, la bestiole était rodée!
Maintenant ma collection compte plus d’une quarantaine de boîtiers argentiques en tous genre et je shoote avec un numérique, le Pentax K5, en parallèle. (Mon boitier le plus ancien a fêté ses 104 ans cette année!)

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Quelles techniques photo utilises-tu (argentique, numérique…)?

Je fais du numérique, de l’argentique, et un peu tout et n’importe quoi.
Le numérique me sert clairement à me déguiser. Je fais beaucoup d’autoportraits où j’incarne des personnages que j’invite et qui sont plus ou moins proches de moi. C’est aussi un outil de travail, à l’école comme à l’extérieur. Et avouons que c’est aussi le choix de la « rapidité » quand il s’agit d’aller se balader et de ramener quelques photos.

Au-delà de ça, à l’école je fabrique aussi mes propres appareils avec du carton, du bois, etc pour faire du sténopé. J’ai aussi un projet un peu étrange qui consiste à prendre des photos avec un appareil pour enfant pas plus gros qu’une carte bleue en le détournant de son usage rigolo et coloré.
Ha, et j’ai aussi un nombre incalculable de photos faites par et dans des photomatons.

Quelle est ta préférée et pourquoi?

L’argentique! D’ailleurs j’en ai toujours un sur moi. Je trouve cette technique tellement savoureuse. La pellicule, le bruit de l’appareil, le poids du matériel. Ça me paraît clairement plus vivant, plus présent et plus authentique. Les accidents de parcours de la pellicule ou du boitier sont toujours géniaux, et j’aime la sensation d’attente et de surprise à l’idée d’aller chercher mes photos au labo. Je suis quelqu’un de très manuel et numériser moi-même mes négatifs m’éclate.

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Que cherches-tu à faire passer à travers tes photos?

Le vrai! Avec l’argentique tu ne peux rien cacher. Je ne vais pas remodeler la fesse de la fille que j’ai shooté parce que je la trouve un peu molle, je ne vais pas gommer un point noir dans mon décor, changer la couleur de ce truc juste là et de ce machin juste ici. J’essaie de faire en sorte que les personnes qui regardent mes photos se disent que les sujets sont NATURELLEMENT beaux.
Robert Doisneau a dit: « Si on ne s’émeut que devant un palmier c’est con, car il y a des jours où les platanes ont vraiment de la gueule. » et il avait bien raison ce jour-là.

Quelles sont tes inspirations?

La musique et l’amour influent beaucoup sur ce que je fais. Quand je vais bien, mes photos vont bien aussi. Quand ça ne va pas, ça se voit absolument partout! Je suis un peu nulle niveau citation de références classiques, parce qu’un coup je vais aimer ça d’untel, puis le lendemain ceci d’unetelle.

Dans les « grands », Man Ray et Henri Cartier-Bresson restent des incontournables, comme Helmut Newton ou le peintre Edward Hopper. Sinon de façon beaucoup plus actuelle, j’admire le travail de mon ami Ced Jereb qui m’a ouvert les yeux sur ma démarche (sans même le savoir je crois bien), celui d’Arthur Bresset qui m’a appris énormément de choses, mais la jeune polonaise Laura Makabresku reste mon idole.

Il y a quelques personnes que je suis sur les réseaux sociaux comme Benoit Paillé, Antonin Blanchard de « We Are Supertramp », Théo Lebeau (Collectif Tree Prod), Valentin Levaufre ou Elise Darjo qui font vraiment du très bon travail. Les tumblr « Some Wild Thing » et « Winding tree »qui m’en foutent plein la vue à chaque fois que je vais dessus, tout autant que la revue « Hey! » qui est bourrée d’artistes et d’idées fantastiques. Amer Beton est aussi un film d’animation qui m’a beaucoup aidé à me trouver.

Mes inspirations sont vraiment très diverses. Il y a aussi tous les objets étranges qui se trouvent dans mon appartement, mes potes un peu louches mais que j’aime énormément, ma famille, les personnes que je rencontre via mon école ou mes excursions entre passionnés.

J’ajouterais juste une petite mention spéciale à mon amie Ondine pour sa personnalité hors norme et son amour sans faille, Eudes Quittelier (Collectif Tree Prod), qui prends de superbes clichés avec son petit Leica numérique, et Pierre Durut et ses envies de bouger imprévisibles.

Et mon chat, faut pas que j’oublie mon chat.

Petit portrait chinois: si tu étais une couleur?

Une couleur? Franchement c’est super compliqué comme question! J’adore le jaune, ça vibre, c’est acide et ça pique les yeux, mais le vert émeraude c’est les sapins, et y’a rien de plus chouette qu’un beau sapin, donc vert émeraude.

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Un lieu?
Humm… Je pense que si je pouvais être une forêt de sapins sur une montagne au dessus d’un lac j’irais super bien! Ou une roche noire sur les bords de mer en Islande…
Une chanson?
That’s Alright Mama de Elvis Presley!
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 (Photos: Chloé Daumal ©)
Retrouvez  le travail de Chloé sur les réseaux sociaux avec son FB et son Instagram, mais également ses projets photos et musicaux.
Par ailleurs, son exposition se tiendra à Carmes Village jusqu’au 01 novembre 2014 et vous pourrez la rencontrer le 25 octobre, de 14h30 à 18h.
Un grand MERCI à Chloé pour sa patience et sa fraicheur!

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