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Rencontre avec Pierre Pichot

C’est dans l’ambiance cosy du Studio 16 que nous avons fait la connaissance de Pierre Pichot, photographe professionnel qui a accepté de se prêter au jeu de l’interview. Pour découvrir son portrait, c’est par ici !

Pour commencer, peux-tu te présenter ? Je m’appelle Pierre Pichot, j’ai 35 ans et je suis Directeur de projet informatique.
En photo, je suis spécialisé dans deux branches : la photo urbaine et les sports auto, que j’adore depuis tout petit.

Comment as-tu attrapé le virus ? J’ai commencé la photo en 2012-2013, c’est assez récent. C’était une échappatoire pendant une période pro un peu compliquée, un moment de détente qui me coupait de mon quotidien. J’ai d’abord expérimenté le paysage, que je trouvais calme et apaisant. Ayant peu de temps pour pratiquer, je me suis ensuite orienté vers la photo urbaine : il était plus simple pour moi d’aller en ville. J’ai commencé à publier quelques photos en ligne, qui ont reçu des critiques positives. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de m’intéresser d’avantage à la technique.

Quel a ensuite été ton parcours ? J’ai vécu 11 ans en Roumanie, ce qui m’a permis de progresser en photo urbaine. Je suis rentré depuis maintenant 2 ans, et j’essaye de développer mon autre spécialité : la photo de sport automobile. Le plus compliqué dans cette branche, c’est le réseau : il faut des relations.

Quel est selon toi ton point fort en photo ? Je dirais l’anticipation. Je ne suis pas un créatif qui va proposer quelque chose de nouveau, ça n’est pas ce que je recherche. Cependant j’ai l’œil et l’instinct pour savoir à quel moment une scène va devenir intéressante.

Quel est ton matériel ? Mon boitier principal est un Canon 6D, que j’utilise pour la photo de sport auto, voyage et les projets « sérieux ». Je possède également un Fuji X100T, que j’ai toujours avec moi. Puis j’ai 2-3 appareils à films, que j’utilise de temps à autre.

Quel est le cliché dont tu es le plus fier ? Oui il y en a un. C’est une photo que j’ai prise à Prague. Je sortais du château de Prague avec mon épouse. En regardant autour de moi, j’aperçois une femme qui commence à descendre de l’escalier. Je me suis dit « tiens, il va peut-être se passer quelque chose ». J’ai attendu, et c’est ce qui m’a permis de réaliser ce cliché, avec son ombre et les personnes bien symétriques derrière elle. 

Rencontre avec Pierre Pichot 2
Prague, Czech Republic, 2016. Pierre Pichot

Je joue énormément avec la lumière, les ombres, les effets de lumière. Cela me permet d’obtenir des noirs et blancs assez contrastés, et des noirs assez profonds.

Tu fais beaucoup de photos de rue, est-ce que tu fais poser les gens ou ce sont surtout des photos volées ? Non jamais, les gens sont en fait souvent secondaires. Ils font partie de ma composition mais restent anonymes. J’aime suggérer la présence de quelqu’un, sans que l’on sache forcément qui est cette personne. Il y a des cas ou l’attitude de la personne ou son visage sont intéressants, mais ce qui m’intéresse surtout c’est son expression corporelle. Je repère un lieu qui me plait, et j’essaye de trouver une personne qui saura mettre ce lieu en valeur, et non l’inverse. Il y a d’ailleurs beaucoup de débat autour du terme « photographe de rue » : certains considèrent qu’un photographe de rue doit mettre en valeur la personne. Je préfère me définir comme un photographe urbain.

Il y a une rubrique « Ghost » sur ton site, peux-tu nous en dire plus ? C’est ma 3ème branche : l’exploration urbaine, qu’on appelle « Urbex », c’est à dire visiter des lieux abandonnés. En Roumanie, j’avais accès à ce genre de lieux assez facilement, notamment à un vieux complexe délabré, où j’ai passé quelques weekends à faire des photos. J’ai eu la chance d’y retourner avec une photographe renommée, à l’occasion d’un shooting. Plusieurs modèles étaient présents sur les lieux. J’ai donc eu l’idée de réaliser ce projet : un lieu abandonné qui revit grâce aux fantômes du passé. J’ai principalement eu recours à des poses longues. J’en suis fier car c’est mon 1er vrai projet : j’ai passé beaucoup de temps à repérer les lieux, trouver des gens qui acceptent de jouer les modèles, toute la post-production, les montages etc. Le succès a malheureusement été limité : ça a beaucoup plu, mais à peu de personnes.

Est-ce que tu as un accessoire indispensable pour tes sorties photos ? Cela dépend vraiment de ce que je vais faire. Je prends toujours mon 70-200, il est monté à 90% du temps sur mon Canon 6D. Je n’ai pas d’accessoire particulier. Si je devais répondre, je dirais ma carte mémoire (rire). Je suis un spécialiste pour les oublier.

Quel conseil aurais-tu à donner à un débutant ? Deux choses essentielles : toujours avoir un appareil sur soi, et accepter les critiques, à condition qu’elles soient constructives bien sûr. Je poste de temps en temps sur des forums, mais je trouve que ça manque de convivialité.

Quel est d’après toi l’avenir de la photo pro ? Je dirais qu’on est un peu dans un paradoxe aujourd’hui : on a jamais eu autant de besoin en photographie, et en parallèle on a jamais eu autant de photographes. C’est une profession qui n’est pas réglementée, et malheureusement très peu appréciée à sa juste valeur. Beaucoup de personnes voient la photo comme quelque chose de facile, et pensent qu’il suffit d’acheter un bon appareil pour faire de belles photos. Il est très difficile pour des gens qui font un travail de qualité, avec les tarifs qui correspondent, de vivre de la photo. Il y a beaucoup de personnes qui se pensent photographes et se mettent à leur compte, alors qu’ils sont souvent en réalité des amateurs. Ils proposent des tarifs plus attrayants, ce qui peut porter préjudice aux vrais photographes. Il y a malheureusement un nivellement de la profession vers le bas.

Depuis notre rencontre, Pierre a créé son entreprise, vous pouvez découvrir son travail en cliquant sur ce lien : Pierre Pichot Photographie


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