De passage lundi dernier à Orléans pour l’avant-première de son film au cinéma Pathé Place de Loire, Alexandre Castagnetti, qui a grandi dans la ville, raconte la première adaptation française du roman de Gaston Leroux. C’est aussi le premier film tourné au cœur de l’Opéra Garnier. En salles aujourd’hui mercredi 28 Octobre.
Pour Alexandre Castagnetti, Le Fantôme de l’Opéra n’est pas une simple commande. C’est une histoire de famille. Son père a fait carrière dans le monde de l’opéra, et c’est pour elle que la famille s’est installée en France. Le réalisateur a grandi à Orléans, en rêvant de cinéma… et peut-être, un jour, d’adapter le Fantôme. Quand il apprend que des producteurs veulent porter le roman à l’écran, il a déjà une histoire en tête. « Un alignement des planètes », résume-t-il.
Le Fantôme version 2026
L’héroïne est ici une jeune danseuse qui rêve de devenir étoile. Le réalisateur voulait une réinterprétation actuelle, « pas quelque chose de poussiéreux », ni un remake. Le film raconte ce que vivent les artistes : l’ambition, les rivalités, les choix difficiles, l’amour.
Premier tournage à l’Opéra Garnier
Obtenir les clés de Garnier a été « une grosse bataille ». Le résultat est à la hauteur : grand escalier, toits, ateliers de costumes, salles de répétition… « On voit vraiment tout l’Opéra. » Seul le lac souterrain a été reconstruit en studio. Le vrai, explique-t-il, ressemble plutôt à un réservoir peu spectaculaire, que Charles Garnier a imaginé pour stabiliser les fondations du bâtiment.
Des acteurs confirmés et de vraies étoiles
Pour incarner le couple, le réalisateur a choisi deux visages « iconiques » de moins de 25 ans. Il a repéré Julien De Saint-Jean dans Le Comte de Monte-Cristo : « il capte immédiatement le spectateur, avec un regard et une présence magnétiques ». Deva Cassel s’est imposée comme une évidence lors des essais : « une beauté classique, un regard rêveur, une façon de se déplacer comme si elle flottait au-dessus du sol ».
Romain Duris a dit oui immédiatement. Il a assisté à toutes les séances de la chorégraphe Marion Motin, connue pour son travail avec Madonna, Christine and the Queens et le Ballet de l’Opéra de Paris, afin de s’imprégner de sa méthode.
Le casting compte aussi deux danseurs étoiles de l’Opéra de Paris, Dorothée Gilbert et Guillaume Diop.
Un opéra pour le grand écran
Musicien lui-même, Alexandre Castagnetti tenait à une partition entièrement originale : un faux opéra-ballet du XIXe siècle, teinté d’influences plus modernes et de sons synthétiques. Sur plus de deux heures, la musique est presque continue. « C’est un bain », sourit le réalisateur, qui cite Kubrick et ses films-opéras.
Le film s’achève sur un quart d’heure de ballet sans dialogue, « quasiment impossible à imposer à un studio », dont il est particulièrement fier. Bravo à tous pour cette extraordinaire scène finale !
Crédit photos : Anne Bardas
Photos du film issues d’Allociné