Clap de fin pour Jazz à l’Évéché 2018 !

20 juin, veille d’été, il est temps de commencer à entrer dans la belle saison. Et pour cela, à Orléans, le rituel est de mise, à l’heure de l’apéro (oui, on l’a dit c’est l’été !) rejoindre le jardin de l’évêché pour profiter de la première soirée de jazz à l’évêché version 2018.

Il faudra pour y entrer s’armer de patience, une queue s’étire jusque sur le côté de la cathédrale … Une fois passée l’épreuve, le jardin rempli de 2000 personnes nous accueille, rassurés. En effet, les bonnes habitudes ne se perdant pas, le bar/brasserie tenu par l’association ABCD nous attend toujours, les chaises longues sont encore de la partie et le jazz, au sens large … est prêt à bercer nos premières soirées de douceur estivale.
Add et quoi inaugure la scène, ces vieux compères du jazz orléanais se retrouvent 25 ans après la création du groupe. Ils se font plaisir, leurs retrouvailles sont réjouissantes pour eux comme pour nous et leur jazz nous rappelle que cette musique parfois exigeante peut attirer les foules.
Infernale Moms suit sur la caravane, la petite scène installée sur un côté du jardin. Le groupe remplit le plateau de toute son énergie, jouant une musique qui emprunte à tous les styles, s’ouvrant à tous les bords en n’oubliant pas la base et le plaisir partagé.
Electro Deluxe débarque ensuite sur la grande. Le spectacle est calé, calibré. Ça marche. Le jazz funk du groupe incite à la danse. Le chanteur peut parfois en faire un peu trop de son côté crooner mais ce groove-funk ultra calibré semble plaire au public venu nombreux.
Mazij fait descendre le tempo sur la caravane et les chanson revisitées de Joni Mitchell sont un écrin de douceur parfait pour finir cette première soirée.

Soirée suivante, 21 juin, fête de la musique. La chaleur est un peu retombée. on célèbre également la Nouvelle Orléans, fraîchement jumelée à sa grande soeur du Loiret.
Et ça commence fort, Gumbo Jam nous embarque dans les rues de la ville, capitale des fanfares. Ces jeunes musiciens de Tours en ont avalés toute la moelle en y mariant leurs influence plus urbaine. Le jumbo est détonnant, claquettes, danse hip hop, rap, soutenu par une rythmique des rues de Louisiane. C’est le jazz, ouvert, en phase mais soucieux de ses racines.
Un petit verre et Oliba International nous attend sur la caravane. Ces 5 musiciens forment une fanfare, Nouvelle-Orléans oblige, qui joue sur des rythmes des caraïbes. Ça danse, ça se trémousse, ça joue, et ça fait du bien !
Hugh Coltman fait ensuite son entrée sur la scène. Le chanteur de folk a décidé d’enregistrer son nouvel album en Louisiane avec des musiciens du cru. Comme la veille, ça joue fort bien, propre, avec ce qu’il faut de gentillesse pour plaire au public. On pourra se dire qu’on a connu concerts plus « vivants » mais le public est ravi.
La soirée se termine avec Hermia-Darrifourcq-Ceccaldi trio. Le jazz est vivant, bien vivant, cette soirée en est l’exemple. Il est possible de passer du show efficace de Hugh Coltman à la musique ouverte et libre de ce trio où figure Valentin, le petit frère de Théo Ceccaldi, dont on a déjà parlé plusieurs fois ici. Son violoncelle danse avec la batterie et le sax de ses compères, tantôt dans un magma sonore sauvage, tantôt dans une mélodie douce.

Temps de dormir, on n’en est qu’à la moitié, 2 nouvelles soirées nous attendent !

Ce 22 juin, on enfile un blouson, la température nous laissant orphelins de quelques degrés, on commande un verre et nous voilà prêts pour Raoul Jazz Clan. Les gagnants du tremplin Jazz Or Jazz 2018 proposent un jazz « vocal » singulier, ancré dans son époque. Un jazz habillé de slam, un slam habillé de jazz, qui rappelle Abd Al Malik, le flow d’Oxmo Puccino. De jeunes musiciens talentueux, une proposition originale. Le public en conquis.
Au tour de Qonicho Ah. 2 jeunes femmes, Saxophones, batterie. C’est libre, bourré d’énergie, Et de plaisir. Pour nous aussi.
Yilian Canizares vient de cuba, joue du violon, avait une angine et n’a pas parlé pendant quelques jours pour tenir sa place sur scène. On lui en est reconnaissant. Le jazz qu’elle joue, teinté de de ses influences afro cubaines n’est pas passionnant, mais il a le mérite de proposer une bande son pas désagréable à quelques verres du côté des amis d’ABCD. Bien que la sono soit quelque fois plus piquante que le nectar de nos verres.
Electric Vocuhila est chargé de finir la soirée sur la caravane. Afrique, Caraîbes, il n’y a pas d’heure pour danser et après le calme du concert précédent une petite dose d’énergie et de déhanchement est loin de nous faire du mal …

Avec un petit pincement au coeur, on s’approche des grilles de l’évêché. C’est déjà la dernière soirée et pas question d’en manquer une miette.
La pelouse est déjà plus que remplie quand Majnun et son groupe investissent la scène. Le musicien orléanais et ses compère se lancent dans leur afro/funk/jazz dont on n’a aucune envie de sortir. L’ombre de Fela Kuti n’est pas loin. Ça grooove, ça danse, ça sourit. On groove, on danse, on sourit. Ce projet tourne depuis quelques années déjà et le voir aussi maitrisé et abouti enfin sur une scène digne de ce nom fait plaisir. La rythmique nous fait gigoter, les cuivres brillent et Majnun nous embarque dans un tourbillon dont on ne veut sortir. Tout le monde debout !
On reprend des forces au son du trio GPL. L’accordeon valse, la clarinette basse suit, et le tout nous fait souffler de ses airs agréables de guinguette revisitée.
Les jambes retrouvées, Sly Johnson débarque sur scène. Cette vieille connaissance, membre du groupe hip-hop Saian Supa Crew a depuis délivré sa voix de soulman et de béatboxer pour Camille ou Erik Truffaz. Il livre ici une prestation pleine de groove et de soul. Un rythm’n’blues maitrisé, pour une musique qui donne envie de se trémousser sans modération. Et sa version d’Angela, succès de son premier groupe, nous fait retourner au collège, au lycée (ou ailleurs, au choix).
Pour conclure ces 4 jours, Maudits Français joue son répertoire old school. De la musique populaire de l’ancien temps, créole, cajun. On se laisse emporter au son de la fanfare et des textes à l’ancienne qui nous permettent de profiter des derniers moments de cette édition 2018.

En passant les grilles du jardin, on se dit qu’il faudra attendre un an pour retrouver cette ambiance de début d’été qui nous réjouit tant. La musique fut diverse, peut être moins jazz et plus « grand public » que d’autres années mais c’est un festival gratuit, il faut contenter tout le monde et c’est peut-être ce qui fait que les pelouses sont chaque jour remplies et permettent dans le même temps à de jeunes musiciens prometteurs et à de belles proposition de s’illustrer. Et puis, c’est le début de l’été, c’est l’évêché, tant qu’il y aura de la musique, les bénévoles du bar d’ABCD, des tables, des amis et un petit coin de vert où s’asseoir, on foulera ces grilles avec le même plaisir.


crédit photos : Olivier Parcollet
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Expatriée Orléanaise engagée dans la promotion du dynamisme culturel , sportif and co de cette chère ville ... Car quelques fois il suffit d'ouvrir un peu ses oreilles et ses yeux pour faire des infidélités agréables à son canapé :) - Accesoirement kiné débordée et débordante , addict -

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